Euro 2016 : shitstorm contre une commentatrice

Pour certains machos amateurs de foot, entendre une femme commenter des matchs de l'Euro constitue visiblement une provocation. La journaliste Claudia Neumann a reçu de nombreuses insultes misogynes malgré ses compétences reconnues. 

Folklore berlinois

Tout le monde vous le dira ici, surtout les nouveaux arrivants venant de leur Souabe profonde : Berlin n'est pas l'Allemagne. Il est vrai que si la ville est performante, c'est d'abord grâce à ses efforts de chaque instant pour étayer cette affirmation. 

Allemagne-Turquie: satire et diplomatie font mauvais ménage

Le président turc n'est pas connu pour son humour débordant, surtout lorsqu'il en est la victime. Sur ses terres, il sait comment y mettre rapidement fin. A l'étranger, c'est plus difficile, même si Ankara pense que les méthodes utilisées en Turquie pour faire taire les gêneurs peuvent et doivent s'appliquer ailleurs.

Mais avec le rôle central joué par Ankara pour reprendre les réfugiés arrivés sur les îles grecques, Erdogan dispose d'un moyen de pression efficace contre Berlin bien embarassé. 

Les cavaliers de l'apocalypse

Angela Merkel continue à proclamer son "yes we can" version germanique "wir schaffen das" ("nous allons y arriver") tout en s'efforçant parallèlement de multiplier réformes et démarches pour réduire le nombre des réfugiés. L'élan historique de solidarité pour ces derniers n'a pas disparu mais est passé à l'arrière-plan. Ceux qui voient leur pays au bord du gouffre dominent désormais le débat public. 

Merkel: le crépuscule des dieux ?

En Allemagne, en France et ailleurs, les spéculations vont bon train. "La femme la plus puissante du monde" (le magazine amércain "Forbes") ou la personnalité de l'année 2016 couronnée par "Time" va-t-elle être emportée par la crise des réfugiés ? Angie, l'idole des migrants, qu'elle a accueillis généreusement sera-t-elle victime de ses nouveaux hôtes qui l'obligeraient à abandonner le pouvoir? 

Quand "Mein Kampf" paraissait en français

70 ans après la mort de son auteur, les droits de "Mein Kampf" de Adolf Hitler tombent vendredi dans le domaine public. En Allemagne, une édition commentée de 1900 pages préparée par des historiens de Munich va sortir.

Le pamphlet nazi avait été d'abord un succès en Allemagne surtout à partir de 1933 avec douze millions d'exemplaires vendus jusqu'en 1945. A ce tirage s'ajoute un million d'exemplaires dans des langues étrangères dont le français. Retour une version que le régime nazi ne voulait pas.

 

 

31 décembre: l'Allemagne s'envoie en l'air

Le 31 décembre est à l'Allemagne ce que le 14 juillet est à la France : les feux d'artifice sont rois. Tout le monde s'y met. Il y a les officiels comme à la porte de Brandebourg mais surtout ceux de Helmut et Heidrun. La guerre civile règne à tous les coins de rue. Sortir de chez soi ressemble au parcours du combattant. Cette année, les autorités craignent que ces pétards ne traumatisent des réfugiés qui ont fui la guerre.

Merkelland: la reine Angela chahutée par ses barons

caricature: Heiko Sakurai

Merkel chevauchant la CDU avec un étendard frappé de sa maxime du moment "nous y arriverons" (à surmonter la crise des réfugiés) mais la Rossinante chrétienne-démocrate cavale ardemment en direction des mesures restrictives du ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière.

Réfugiés : des Allemands inquiets

On les appelle « besorgte Bürger ». Un qualificatif fourre-tout pour un public des plus composites. Parmi eux, il y a des hooligans et autres néo-nazis pour lesquels cette dénomination est un doux euphémisme. Bien avant que de nombreux réfugiés arrivent en Allemagne, ils rêvaient déjà d’un pays des plus blancs et leur inquiétude ne traduit qu’une haine des plus primitives.

Merkel-Schröder: 10 ans après

Presque 10 ans jour pour jour après les élections de septembre 2005 qui amèneront Angela Merkel à la tête d'une grande coalition droite-gauche au pouvoir et met un terme à l'ère Schröder, la chancelière a présenté aujourd'hui une biographie monumentale de son prédecesseur.

Doktor Austérité et Mr. Générosité

Les temps changent. Il y a encore quelque semaines, l'Allemagne passait dans un certain nombre de pays européens pour le bourreau intransigeant du peuple grec. Angela Merkel était accusée, surtout à gauche, dans le Sud de l'Europe mais aussi en France d'être une domina voulant imposer une vision dogmatique et quasi thatchériste d'une Europe libérale. La germanophobie faisait de plus en plus d'émules dans les élites comme à la base.

Et d'un coup, l'Allemagne est citée en exemple pour son accueil massif et généreux de réfugiés. L'engagement de nombreux citoyens pour aider les nouveaux arrivants émeut ici même comme à l'étranger où on est souvent habitués à des accents plus populistes contre les migrants.

L'annonce par Berlin que les réfugiés syriens ne seraient plus refoulés dans le premier pays européen où ils sont arrivés pour y déposer leurs demandes d'asile a fait de l'Allemagne un eldorado auprès des intéressés qui ont écrit des lettres d'amour à Angela Merkel et scandent "Thank you Germany, we love you Germany" en arrivant à Munich, Berlin ou Hambourg.

"Un nègre merveilleux"

"Roberto Blanco a toujours été un nègre merveilleux qui a toujours merveilleusement plu aux Allemands". Le ministre de l'intérieur bavarois a déclenché avec ses propos lundi soir dans un talk-show sur les réfugiés un énorme buzz sur les réseaux sociaux. La déclaration de Joachim Herrmann sur l'acteur et chanteur à succès de couleur ne relevait pas vraiment du politiquement correct.

Merkel veut rempiler. Quel scoop!

Incroyable mais vrai. Le magazine "Der Spiegel" cite dans sa dernière édition une rencontre interne de la CDU lors de laquelle la présidente du parti chrétien-démocrate et accessoirement chancelière évoque la prochaine campagne électorale de... 2017. En clair, Angela Merkel veut rempiler pour un quatrième mandat à la tête de l'Allemagne.

Durant tout le week-end, la nouvelle s'est imposée dans les médias. Pourtant, c'est plutôt, l'information inverse qui aurait constitué un scoop.

Les Allemands et leur voiture : la normalisation ?

Il y a des jours comme ça où des vérités éternelles sont remises en cause. Celle par exemple de l’Allemand moyen qui tous les samedis matins nettoie à grandes eaux sa voiture chérie avant de faire griller des saucisses sur son barbecue l’après-midi –l’été en tout cas- puis de regarder les résultats de la Bundesliga à la télé une caisse de bière à ses pieds.
Mais les vaches sacrées à quatre roues du Germain moyen semblent perdre de leur superbe. Un sondage tout frais vient ébranler les bons vieux clichés. Plus d’un tiers des conducteurs ne lave sa chère voiture que très épisodiquement. Ils ne sont plus que 14% à se plier chaque semaine aux rituelles ablutions d’autrefois. Et des révolutionnaires anti-patriotiques –bon juste 1%- ne lavent jamais leur engin. Des déchéances de nationalité n’ont curieusement pas encore été prescrites contre ces rebelles radicaux.
Certes quatre automobilistes sur dix ne peuvent dissimuler leur mauvaise conscience et confient aux sondeurs de yougov qu’ils ne se sentent pas à l’aise au volant d’une Auto pas très propre sur elle. Il n’empêche. Avec le temps et aussi chez les plus jeunes, une certaine légèreté de l’être semble lentement gagner du terrain dans le rapport longtemps religieux des Allemands avec leur véhicule préféré.
 

Quand la Grèce s'invite à dîner

Berlin, samedi soir. Soirée d'anniversaire dans le jardin paisible d'un restaurant autrichien. A l'ombre des pergolas, les escalopes viennoises et la bière sont arrivées. Les conversations vont bon train. Le coupable ne peut plus a posteriori être identifié. Mais à un moment donné, le dossier héllénique des moins digestes va s'imposer dans la soirée et prendre le dessus.

Me voici minoritaire, contraint bon gré mal gré, de me faire l'avocat d'Athènes face à des commensaux qui à l'instar de nombre de leurs concitoyens n'ont qu'une envie pressante: que les Grecs prennent la poudre d'escampette et se débrouillent tous seuls. Puisque depuis le début de la crise, ils n'ont fait aucune réforme mais encaissés des milliards, nos milliards produits à la sueur de notre front et de notre systeme des plus performants, lui. Non mais!

La conversation dure une bonne partie de la soirée. J'essaie d'arrondir les angles, de nuancer des propos un peu trop généralisateurs ou des erreurs factuelles. Mais à l'arrivée, la tâche ardue se conclut par un échec tonitruant. Heureusement, le dessert était délicieux!

Le notre père est sauvé

Le notre père n'est pas condamné. Non, il ne s'agit pas d'une prière religieuse mais du surnom d'un ascenseur inspiré du mouvement effectué par les rosaires dans les mains de leurs utilisateurs. Depuis des années, l'appareil était menacé et une discrète règlementation venait de lui donner le coup de grâce mais les protestations des nostalgiques viennent de le sauver.

Une organisation israélienne critique privée d'expo à Cologne

L'organisation "Breaking the silence" regroupe en Israel d'anciens soldats qui critiquent les opérations de leur armée contre les Palestieniens. Mais l'existence de ce groupe reflète la diversité de la société israélienne et apporte un contrepoint à la politique menée par le gouvernement actuel. 

L'université populaire de Cologne voulait à l'automne organiser une exposition sur les activités de "Breaking the silence" à l'occasion du cinquantième anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre les deux pays. Suite aux pressions de l'ambassade d'Israël en Allemagne, le projet vient d'être annulé.

La reine mère en danger?

Le crépuscule des Dieux ou plutôt celui de la déesse. Les commentaires dans les médias sur les conséquences négatives pour Angela Merkel de l'affaire des écoutes effectuées par les services secrets allemands pour le compte de leurs homologues américains se demandent si la chancelière ne pourrait pas cette fois faire les frais de ce nouveau scandale. Mais le microcosme berlinois reflète-t-il vraiment le sentiment de l'Allemagne profonde? 

Génocide arménien, une reconnaissance laborieuse

Le pays responsable de la shoah aura eu paradoxalement bien du mal à reconnaître le génocide arménien. Sans la décision récente du pape de le faire et la pression exercée en coulisses par le président Joachim Gauck et plus tard par quelques parlementaires, Berlin serait resté fidèle à sa position traditionnelle évoquant des massacres.

Andreas L. ou Andreas Lubitz

La plupart des médias allemands parlent toujours de Andreas L. pour évoquer le co-pilote de l'avion de Germanwings et ne publient des photos du jeune homme qu'en rendant son visage non reconnaissable. Lorsque j'ai repris sur mon compte Twitter vendredi (@pthibaut) la photo ci-dessus le montrant devant le Golden Gate Bridge à San Francisco, un collègue de la télévision publique allemande Phoenix m'a demandé "cher collègue Thibaut, est-ce bien nécessaire?". D'autres commentaires ont été aussi  critiques, leurs auteurs estimant que la protection des données privées était trahie et que cette information n'apportait rien de plus.

La plupart des médias étrangèrs ont rapidement -le procureur français l'avait annoncé- donné le nom en clair du co-pilote Andreas Lubitz et diverses photos ont été publiés. Sur les réseaux sociaux et dans les médias allemands, un débat a été lancé sur le "Sonderweg" germanique, le choix allemand différent de celui de la plupart des pays voisins ou plus éloignés.

En Allemagne, quelques médias n'ont pas choisi cette solution. Il s'agit de la presse populaire à commencer par le plus grand journal européen, "Bild Zeitung" qui a livré ces derniers jours de nombreux éléments. Le rédacteur en chef du quotidien s'est livré une guerre avec ses détracteurs sur Twitter qui lui reprochaient son sensationnalisme. Mais le très sérieux quotidien "Frankfurter Allgemeine" ou avec un certain décalage le magazine "Der Spiegel" ont choisi de donner le nom en clair du co-pilote et de publier des photos.

Le conseil de la presse, chargé en Allemagne, d'émettre des avis sur l'éthique des médias, avait pourtant dans le passé estimé qu'il était possible de renoncer à ses mesures très protectrices en raison de la dimension des faits en question. Une argumentation reprise notamment par le rédacteur en chef de "Bild Zeitung". Par ailleurs, un bloggeur connu insistait ce lundi sur l'hypocrisie de certaines critiques soulignant que les médias répondaient aussi à une large attente du public.