Doktor Austérité et Mr. Générosité

Les temps changent. Il y a encore quelque semaines, l'Allemagne passait dans un certain nombre de pays européens pour le bourreau intransigeant du peuple grec. Angela Merkel était accusée, surtout à gauche, dans le Sud de l'Europe mais aussi en France d'être une domina voulant imposer une vision dogmatique et quasi thatchériste d'une Europe libérale. La germanophobie faisait de plus en plus d'émules dans les élites comme à la base.

Et d'un coup, l'Allemagne est citée en exemple pour son accueil massif et généreux de réfugiés. L'engagement de nombreux citoyens pour aider les nouveaux arrivants émeut ici même comme à l'étranger où on est souvent habitués à des accents plus populistes contre les migrants.

L'annonce par Berlin que les réfugiés syriens ne seraient plus refoulés dans le premier pays européen où ils sont arrivés pour y déposer leurs demandes d'asile a fait de l'Allemagne un eldorado auprès des intéressés qui ont écrit des lettres d'amour à Angela Merkel et scandent "Thank you Germany, we love you Germany" en arrivant à Munich, Berlin ou Hambourg.

"Un nègre merveilleux"

"Roberto Blanco a toujours été un nègre merveilleux qui a toujours merveilleusement plu aux Allemands". Le ministre de l'intérieur bavarois a déclenché avec ses propos lundi soir dans un talk-show sur les réfugiés un énorme buzz sur les réseaux sociaux. La déclaration de Joachim Herrmann sur l'acteur et chanteur à succès de couleur ne relevait pas vraiment du politiquement correct.

Merkel veut rempiler. Quel scoop!

Incroyable mais vrai. Le magazine "Der Spiegel" cite dans sa dernière édition une rencontre interne de la CDU lors de laquelle la présidente du parti chrétien-démocrate et accessoirement chancelière évoque la prochaine campagne électorale de... 2017. En clair, Angela Merkel veut rempiler pour un quatrième mandat à la tête de l'Allemagne.

Durant tout le week-end, la nouvelle s'est imposée dans les médias. Pourtant, c'est plutôt, l'information inverse qui aurait constitué un scoop.

Les Allemands et leur voiture : la normalisation ?

Il y a des jours comme ça où des vérités éternelles sont remises en cause. Celle par exemple de l’Allemand moyen qui tous les samedis matins nettoie à grandes eaux sa voiture chérie avant de faire griller des saucisses sur son barbecue l’après-midi –l’été en tout cas- puis de regarder les résultats de la Bundesliga à la télé une caisse de bière à ses pieds.
Mais les vaches sacrées à quatre roues du Germain moyen semblent perdre de leur superbe. Un sondage tout frais vient ébranler les bons vieux clichés. Plus d’un tiers des conducteurs ne lave sa chère voiture que très épisodiquement. Ils ne sont plus que 14% à se plier chaque semaine aux rituelles ablutions d’autrefois. Et des révolutionnaires anti-patriotiques –bon juste 1%- ne lavent jamais leur engin. Des déchéances de nationalité n’ont curieusement pas encore été prescrites contre ces rebelles radicaux.
Certes quatre automobilistes sur dix ne peuvent dissimuler leur mauvaise conscience et confient aux sondeurs de yougov qu’ils ne se sentent pas à l’aise au volant d’une Auto pas très propre sur elle. Il n’empêche. Avec le temps et aussi chez les plus jeunes, une certaine légèreté de l’être semble lentement gagner du terrain dans le rapport longtemps religieux des Allemands avec leur véhicule préféré.
 

Quand la Grèce s'invite à dîner

Berlin, samedi soir. Soirée d'anniversaire dans le jardin paisible d'un restaurant autrichien. A l'ombre des pergolas, les escalopes viennoises et la bière sont arrivées. Les conversations vont bon train. Le coupable ne peut plus a posteriori être identifié. Mais à un moment donné, le dossier héllénique des moins digestes va s'imposer dans la soirée et prendre le dessus.

Me voici minoritaire, contraint bon gré mal gré, de me faire l'avocat d'Athènes face à des commensaux qui à l'instar de nombre de leurs concitoyens n'ont qu'une envie pressante: que les Grecs prennent la poudre d'escampette et se débrouillent tous seuls. Puisque depuis le début de la crise, ils n'ont fait aucune réforme mais encaissés des milliards, nos milliards produits à la sueur de notre front et de notre systeme des plus performants, lui. Non mais!

La conversation dure une bonne partie de la soirée. J'essaie d'arrondir les angles, de nuancer des propos un peu trop généralisateurs ou des erreurs factuelles. Mais à l'arrivée, la tâche ardue se conclut par un échec tonitruant. Heureusement, le dessert était délicieux!

Le notre père est sauvé

Le notre père n'est pas condamné. Non, il ne s'agit pas d'une prière religieuse mais du surnom d'un ascenseur inspiré du mouvement effectué par les rosaires dans les mains de leurs utilisateurs. Depuis des années, l'appareil était menacé et une discrète règlementation venait de lui donner le coup de grâce mais les protestations des nostalgiques viennent de le sauver.

Une organisation israélienne critique privée d'expo à Cologne

L'organisation "Breaking the silence" regroupe en Israel d'anciens soldats qui critiquent les opérations de leur armée contre les Palestieniens. Mais l'existence de ce groupe reflète la diversité de la société israélienne et apporte un contrepoint à la politique menée par le gouvernement actuel. 

L'université populaire de Cologne voulait à l'automne organiser une exposition sur les activités de "Breaking the silence" à l'occasion du cinquantième anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre les deux pays. Suite aux pressions de l'ambassade d'Israël en Allemagne, le projet vient d'être annulé.

La reine mère en danger?

Le crépuscule des Dieux ou plutôt celui de la déesse. Les commentaires dans les médias sur les conséquences négatives pour Angela Merkel de l'affaire des écoutes effectuées par les services secrets allemands pour le compte de leurs homologues américains se demandent si la chancelière ne pourrait pas cette fois faire les frais de ce nouveau scandale. Mais le microcosme berlinois reflète-t-il vraiment le sentiment de l'Allemagne profonde? 

Génocide arménien, une reconnaissance laborieuse

Le pays responsable de la shoah aura eu paradoxalement bien du mal à reconnaître le génocide arménien. Sans la décision récente du pape de le faire et la pression exercée en coulisses par le président Joachim Gauck et plus tard par quelques parlementaires, Berlin serait resté fidèle à sa position traditionnelle évoquant des massacres.

Andreas L. ou Andreas Lubitz

La plupart des médias allemands parlent toujours de Andreas L. pour évoquer le co-pilote de l'avion de Germanwings et ne publient des photos du jeune homme qu'en rendant son visage non reconnaissable. Lorsque j'ai repris sur mon compte Twitter vendredi (@pthibaut) la photo ci-dessus le montrant devant le Golden Gate Bridge à San Francisco, un collègue de la télévision publique allemande Phoenix m'a demandé "cher collègue Thibaut, est-ce bien nécessaire?". D'autres commentaires ont été aussi  critiques, leurs auteurs estimant que la protection des données privées était trahie et que cette information n'apportait rien de plus.

La plupart des médias étrangèrs ont rapidement -le procureur français l'avait annoncé- donné le nom en clair du co-pilote Andreas Lubitz et diverses photos ont été publiés. Sur les réseaux sociaux et dans les médias allemands, un débat a été lancé sur le "Sonderweg" germanique, le choix allemand différent de celui de la plupart des pays voisins ou plus éloignés.

En Allemagne, quelques médias n'ont pas choisi cette solution. Il s'agit de la presse populaire à commencer par le plus grand journal européen, "Bild Zeitung" qui a livré ces derniers jours de nombreux éléments. Le rédacteur en chef du quotidien s'est livré une guerre avec ses détracteurs sur Twitter qui lui reprochaient son sensationnalisme. Mais le très sérieux quotidien "Frankfurter Allgemeine" ou avec un certain décalage le magazine "Der Spiegel" ont choisi de donner le nom en clair du co-pilote et de publier des photos.

Le conseil de la presse, chargé en Allemagne, d'émettre des avis sur l'éthique des médias, avait pourtant dans le passé estimé qu'il était possible de renoncer à ses mesures très protectrices en raison de la dimension des faits en question. Une argumentation reprise notamment par le rédacteur en chef de "Bild Zeitung". Par ailleurs, un bloggeur connu insistait ce lundi sur l'hypocrisie de certaines critiques soulignant que les médias répondaient aussi à une large attente du public.

Hellas "Bild"

"Bild Zeitung", le quotidien populaire de choc du groupe conservateur allemand Springer, tire depuis quelques semaines à nouveau à boulets rouges sur Athènes. La crise grecque était passée jusqu'à la victoire de Syriza à l'arrière-plan. Depuis, le journal le plus lu d'Europe, enchaîne les titres et les commentaires arrogants et agressifs. Dernière en date ce jeudi, un énorme "Nein" est imprimé sur la page deux. Et la rédaction appelle les lecteurs à se photographier en tenant l'article pour démontrer de façon la plus expressive possible que le bon peuple lui aussi rejette toute aide supplémentaire aux cigales grecques.

Ribéry: "Devenir allemand? Pourquoi pas?"

C'est la une du quotidien populaire "Bild Zeitung" ce matin "Ribéry veut devenir allemand!" avec le sous-titre "Pourquoi la star du Bayern a rompu avec la France".

Et en pages intérieures, le footballeur revient sur son pays d'adoption.

Le complexe urbain de la CDU

Les élections régionales à Hambourg dimanche ont débouché sur une claque historique pour la CDU d'Angela Merkel avec 15,9% des voix soit trente points de moins que les sociaux-démocrates du SPD, emmenés il est vrai par un maire sortant très populaire. Mais au-delà des facteurs locaux, la CDU a de plus en plus de mal à séduire les électeurs dans les grandes villes. Un danger pour l'avenir lorsque lors des élections nationales, la populaire Angela Merkel ne sera plus là pour tirer le score de son parti vers le haut.

"Charlie Hebdo" privé de char au carnaval de Cologne

Le carnaval de Cologne qui évoque souvent lors d'une grande parade des sujets politiques voulait faire un geste après les attentats de Paris avec un char consacré à la liberté de la presse. Finalement, les organisateurs ont fait machine arrière.

Yalla, le shitstorm bavarois

"Yalla", un mot arabe qui signifie "allons y" fait partie du langage courant allemand. Le hashtag #yallacsu a eu un énorme succès ces derniers jours après la proposition des chrétiens-sociaux bavarois, les conservateurs de cette région alliés d'Angela Merkel, suggérant que pour une meilleure intégration, les étrangers parlent allemand... également à la maison.

Un ex-communiste au pouvoir?

25 ans après la chute du mur de Berlin, un membre du parti Die Linke, héritier du parti communiste est-allemand, va-t-il être élu ce vendredi à la tête d'une région dans l'ex-RDA ? Si Bodo Ramelow réunit les voix de sa coalition tripartite associant son parti, les sociaux-démocrates et les écologistes, la désignation de celui qui deviendrait alors le ministre-président de la Thuringe serait tout un symbole. Elle montrerait d'un côté que l'Allemagne se normalise et que la réunification interne du pays se parachève. Mais pour d'autres, cette élection constitue un chiffon rouge.

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Le "zéro noir" ou "schwarze Null": la nouvelle vache sacrée allemande

Ceci n'est pas une oeuvre d'art gigantesque prévue par l'architecte de Hitler Albert Speer et son projet de nouvelle capitale Germania. Non, la caricature de Marian Kamensky illustre le débat économique du moment en Allemagne. "Die schwarze Null" ou "le zéro noir" soit zéro déficit budgétaire en 2015, pour la première fois depuis 1969.

Mais voilà, l'économie allemande donne des signes de faiblesses. Et les esprits s'échauffent. Faut-il comme le souhaite le gouvernement rester inflexible et respecter les engagements pris pour un équilibre budgétaire sacro-saint ou profiter des marges de manoeuvre pour doper une conjoncture qui ralentit?

 

Ursula, lost in aviation

La star du gouvernement Merkel III traverse une zone de turbulences. La première ministre de la Défense de l'histoire allemande a un talent inné pour la mise en scène et les relations publiques. Mais celle qui est souvent présentée comme la dauphine potentielle d'Angela Merkel doit désormais se coltiner les affres moins médiatiques etmoins glamours d'une Bundeswehr qui accumule les problèmes.
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Antisémitisme et renouveau juif

"Lève toi. Plus jamais de haine contre les juifs".  Une grande manifestation contre l'antisémitisme doit se tenir ce dimanche à Berlin à l'appel du conseil central des juifs d'Allemagne. Elle a lieu à la veille d'une rencontre annuelle du congrès juif mondial dans la capitale allemande qui a choisi ce lieu en raison du renouveau important de la communauté allemande depuis la chute du mur.

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Mithat Gedik, le musulman trop intégré

 

Mihat Gedik, un Allemand d'origine turque (à gauche sur la photo), est un modèle d'intégration. Ce directeur d'une entreprise à Mannheim est marié à une "Allemande bio", comme on dit ici. Ce musulman a même poussé le zèle en faisant baptiser ses enfants. Il s'engage dans sa petite ville dans le monde associatif où il est très apprécié, notamment dans la société de tir, une institution des plus traditionnelles en Allemagne, dont il a été couronné le roi cette année. Sauf que cette association prévoit dans ses statuts que seuls des chrétiens peuvent en être membres.

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